Eurovision : qui prend réellement les grandes décisions du concours ?

Eurovision : qui prend réellement les grandes décisions du concours ?

Chaque année, des millions de téléspectateurs suivent l’Eurovision sans forcément savoir qui décide des règles du concours, de son évolution ou des grandes orientations prises en coulisses. Si l’Union européenne de radio-télévision (UER) supervise l’événement, une instance joue un rôle central dans son fonctionnement : le groupe de référence. Sa composition vient de connaître plusieurs changements, tandis qu’une possible réforme de sa gouvernance commence à être évoquée.

Le groupe de référence, au cœur des décisions

L’Eurovision ne se résume pas aux trois soirées diffusées en mai. Derrière le spectacle, son organisation mobilise toute l’année les équipes de l’UER, les diffuseurs participants et différents responsables chargés de préparer les éditions à venir.

Parmi eux figure le groupe de référence, ou Reference Group, qui constitue l’organe de gouvernance du concours. Son rôle est de veiller à son bon fonctionnement, mais aussi de réfléchir à son avenir.

Il intervient notamment dans l’évolution du règlement, les questions financières, le développement de la marque Eurovision et le suivi des préparatifs du pays organisateur. Les modifications importantes du format ou du système de vote passent également par cette instance.

Le groupe se réunit généralement quatre à cinq fois par an. Ses membres doivent prendre leurs décisions en tenant compte de l’intérêt général du concours, au-delà des attentes de leurs propres diffuseurs.

Qui siège autour de la table ?

Le groupe de référence réunit des professionnels de plusieurs télévisions européennes, avec des profils et des responsabilités différents.

On y retrouve notamment trois chefs de délégation élus par leurs homologues, les producteurs exécutifs des deux précédentes éditions et celui du concours en préparation. Un représentant de l’UER participe également aux travaux, tandis que deux membres supplémentaires peuvent être invités pour apporter leur expertise.

L’ensemble est dirigé par une présidence désignée pour un mandat spécifique. Depuis juin 2025, cette fonction est occupée par Ana Maria Bordas, responsable de la production de contenus à la télévision publique espagnole RTVE. Élue en mars de la même année, elle a succédé au Suisse Bakel Walden pour un mandat de deux ans.

Lors de cette élection, trois chefs de délégation avaient également obtenu un siège : Carla Bugalho pour le Portugal, Molly Plank pour le Danemark et Claudia van der Pas pour les Pays-Bas.

Mais la composition du groupe n’est pas figée. Les évolutions dans les délégations nationales peuvent aussi entraîner des changements au sein de cette instance.

Un départ confirmé du côté des Pays-Bas

C’est précisément ce qui vient de se produire avec Claudia van der Pas. Selon les informations publiées par Eurovoix le 5 octobre, la représentante néerlandaise a quitté le groupe de référence, alors que son mandat devait initialement se poursuivre jusqu’en 2027.

Cette décision est liée à la situation particulière des Pays-Bas lors de l’édition 2026. Après le retrait du diffuseur AVROTROS, Claudia van der Pas ne remplissait plus les conditions habituelles pour occuper un siège réservé aux chefs de délégation en activité. L’UER lui avait néanmoins accordé une dérogation temporaire pour poursuivre son mandat durant la saison 2026. Cette autorisation ayant expiré pendant l’été, elle a finalement quitté ses fonctions.

Le départ de Claudia van der Pas ne remet toutefois pas en cause la présence néerlandaise au prochain concours. Le 23 septembre, l’organisme public NPO a confirmé le retour des Pays-Bas à l’Eurovision 2027, en reprenant la responsabilité de leur participation.

Le pays fera donc son retour dans la compétition, mais cette décision ne permet pas automatiquement à son ancienne représentante de retrouver son siège au sein du groupe de référence.

Pourquoi Ana Maria Bordas reste-t-elle présidente ?

La situation de la présidente espagnole est différente : malgré l’absence de l’Espagne à l’Eurovision 2026 et les interrogations qui entourent encore sa participation en 2027, Ana Maria Bordas conserve ses fonctions à la tête du groupe. L’UER a confirmé que son mandat restait valable jusqu’en 2027. Contrairement aux sièges attribués aux chefs de délégation, la présidence ne dépend pas directement d’une participation annuelle du diffuseur concerné.

Cette distinction permet de comprendre pourquoi deux responsables peuvent se retrouver dans des situations différentes, même lorsque leurs pays respectifs ne participent pas à une édition.

Des décisions qui peuvent changer le concours

Si le groupe de référence reste assez peu connu du grand public, ses décisions ont pourtant des conséquences directes sur ce que les téléspectateurs découvrent à l’écran.

En novembre 2025, il avait notamment approuvé plusieurs modifications du système de vote, avec le retour des jurys professionnels en demi-finales et une réduction du nombre maximal de votes autorisés par moyen de paiement.

D’autres changements ont ensuite été adoptés pour l’Eurovision 2027. Le 12 août 2026, de nouvelles règles ont notamment été annoncées concernant l’âge des artistes, désormais fixé à 18 ans minimum, l’utilisation des voix préenregistrées et les exigences de sécurité entourant l’événement.

Ces exemples montrent que le groupe ne se contente pas de suivre les préparatifs. Il participe aux choix qui façonnent le concours, aussi bien sur scène que dans son organisation. Il travaille toutefois dans un cadre défini par l’UER, qui conserve la responsabilité générale de l’Eurovision.

Vers une nouvelle organisation après 2027 ?

Les changements de composition pourraient ne pas être les seuls à intervenir dans les prochains mois.

Toujours selon Eurovoix, l’UER réfléchirait en interne à une évolution plus importante de la gouvernance du concours. Une nouvelle instance pourrait ainsi remplacer l’actuel groupe de référence après l’été 2027. Pour le moment, il ne s’agit cependant pas d’une réforme officiellement annoncée. Aucun nouveau fonctionnement, aucune composition définitive ni aucun calendrier précis n’ont été présentés par l’UER. Il reste donc impossible de savoir si cette réflexion débouchera sur une réorganisation complète ou sur de simples ajustements du système actuel.

En attendant, le groupe de référence poursuit son travail autour de l’Eurovision 2027, qui se déroulera en mai prochain à Bourgas, en Bulgarie.

Alors que les préparatifs avancent sur les rives de la mer Noire, les discussions sur l’avenir du concours se poursuivent aussi en coulisses. Et si les artistes restent naturellement au centre de l’attention, les décisions prises tout au long de l’année par cette instance contribuent, elles aussi, à dessiner le visage de l’Eurovision de demain.

Sources :

Crédits photo : UER

Partager sur les réseaux sociaux

Poursuivre votre lecture sur ...

Participer à la discussion

S'inscrire à notre newsletter pour ne rien rater des animations du site et des actus autour du concours Eurovision.
X